Date d'impression : 30.07.21
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Les technologies futures et émergentes, clés des succès européens de l'université de Bordeaux

© © Hugues Bretheau - Univ Bordeaux

Réseaux de neurones 3D pour la traduction simultanée, intelligence artificielle pour la 6G, nanosynapses pour détecter le cancer, les projets européens financés par le programme Horizon 2020 FET s'inscrivent totalement dans la recherche sur des technologies disruptives à fort potentiel pour l'Europe. Ces succès récompensent la stratégie forte portée depuis plusieurs années par l'université de Bordeaux.

Actualité
03.12.2020

Au sein de l'université de Bordeaux, trois chercheurs d'un même laboratoire viennent d'obtenir trois projets FET en coordination. Les heureux lauréats issus du laboratoire IMS (Intégration du Matériel au Système - UMR 5218) sont Cristell MANEUX, François RIVET et Sylvain SAIGHI. Ce succès sur un programme de recherche compétitif comme le FET récompense une stratégie forte d'accès des enseignants-chercheurs aux financements européens portée depuis plusieurs années par l'Université de Bordeaux.

Trois projets disruptifs à fort potentiel pour l’Europe

Sous Horizon 2020, le programme FET (Technologies Futures et Emergentes) finance des projets collaboratifs de recherche explorant de nouveaux domaines de recherche à hauts risques susceptibles de déboucher sur des technologies disruptives à fort potentiel pour l’Europe.

Ces trois succès sur le programme FET vont contribuer à renforcer le travail du site bordelais sur le sujet de l'Intelligence Artificielle matérielle et des composants électroniques au service de la 6G.  Le financement européen pour le laboratoire (environ 2,5M€ pour les 3 projets réunis) va en effet permettre de recruter doctorants, post-docs et ingénieurs de recherche pour développer les technologies de demain. 

Au-delà du laboratoire, les 3 projets engrangent 12M€ et rassemblent plusieurs acteurs d’excellence français (CNRS, Thales, Ecole Centrale de Lyon, CEA) et européens (Namlab, Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, KU Leuven, Silicon Austria Lab, Intracom, UBT Tech, INL etc.).

Les trois projets financés

FVLLMONTI, porté par Cristell Maneux, vise à imaginer une technologie de transistor verticale capable de jouer le rôle d’élément mémoire et qui peut naturellement être empilée pour former des réseaux de neurones 3D, un peu comme un jeu de LEGO. Pour mieux démontrer la puissance de cette nouvelle architecture, l’équipe projet a imaginé de l'intégrer dans une oreillette autonome capable de traduire en temps réel et de prendre en compte l'intention du locuteur (ironie, joie, colère, ...). Dans 4 ans, les premières démonstrations viseront la traduction du français, de l'anglais ou de l'allemand avant d'explorer des langues hors Europe comme le japonais ou l'hindi.

HERMES, porté par François Rivet, vise à créer les circuits et les méthodologies qui vont rendre la 6G possible, en mettant de l’Intelligence Artificielle dans la radio et en explorant des fréquences très élevées, vers 200GHz. L’objectif est d’augmenter radicalement le débit des communications sans fil pour une communication qui, dans le futur, ne se limitera pas à connecter des personnes ou des objets, mais visera également à connecter des robots intelligents qui travailleront collectivement sans aucune intervention humaine.

RadioSpin, porté par Sylvain Saighi, vise à concevoir et réaliser un démonstrateur capable de traiter et stocker les informations en utilisant la dynamique neuronale à l’instar du cerveau mais fonctionnant et apprenant plus rapidement avec sept ordres de grandeur. Pour cela, le projet RadioSpin utilisera des nanosynapses, basées sur la technologie de la spintronique, et des architectures neuromorphiques pour bénéficier de la dynamique riche et reconfigurable des réseaux de neurones. Les algorithmes inspirés du cerveau exploreront la synchronisation des oscillateurs et le comportement à l’approche du chaos. Les résultats exploratoires de RadioSpin seront appliqués, en collaboration avec deux industriels, à la reconnaissance des tumeurs cancéreuses du sein et l’identification des empreintes radiofréquences de signaux radar.

Facteurs de succès et retour d’expérience

Ces 5 dernières années, l’Université de Bordeaux a renforcé ses moyens d’accompagnement sur les projets européens. Les porteurs qui partent en coordination peuvent ainsi compter sur des ingénieurs projet dédiés mais aussi sur un dispositif d’aide qui comprend le recours à de la consultance ou encore des décharges d’enseignement.

Parmi les facteurs de réussite, les trois chercheurs mentionnent cet accompagnement ainsi que le temps à disposition... Le temps est en effet un allié précieux pour pouvoir se consacrer au travail d’écriture collaborative d’un projet européen : François Rivet constate ainsi que le confinement a été bénéfique et lui a permis de se concentrer sur la soumission d’un projet, ce qu’il n’aurait peut-être pas fait en temps normal. Et Cristell Maneux a pu bénéficier d’un service d’enseignement réduit qui lui a permis pendant 3 mois de se consacrer pleinement au montage du dossier.


Les porteurs scientifiques se projettent déjà dans l’après-projet: dans 4 ans, ils espèrent bénéficier de l’écosystème créé par l’EIC (European Innovation Council) pour une "montée en TRL". Ils envisagent par exemple de postuler à l’EIC Transition afin d’avancer toujours plus vers le marché via des expérimentations et validations de leurs résultats en phase pré-industrielle. Et pourquoi pas à terme  se mettre en disponibilité pour fonder une start-up ?

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